mercredi 3 novembre 2010

Du bon Mouvement

Probablement le meilleur article que j'ai pu lire sur Neubauten (et sur l'engluement de Neubauten dans la mélasse de l'âge) depuis bien longtemps. Et je ne dis pas ça parce que c'est un ami qui l'a écrit. Et pas non plus parce que le Berlin Sampler a droit à sa mention. Lisez vous-même, et convenez...
http://mouvement.net/critiques-f0eaa73651124eb2-berlindus

Pour se faire une idée par soi-même, autant utiliser l'incroyable service de diffusion des concerts de la Cité de la musique. Enregistré le 16 novembre à Paris donc...


Einstürzende Neubauten, concert enregistré à la Cité de la Musique le 16 novembre 2010

Concert diffusé sur citedelamusiquelive.tv

lundi 1 novembre 2010

a-Musik nous écrit

Nous avons tellement intégré maintenant le terme d'a-Musik comme étant, vos missels à l'avant-propos, un concept porteur du double sens de musique alternative (politique) et de a-musical (non-musical, texture plutôt que mélodie), comme étant de ce fait un chapître du Berlin Sampler, que nous en avions presque oublié l'origine du nom, outrageusement volée - samplée - au magasin/mail order a-Musik de Cologne.
Mais en fait pas complètement. L'éditeur a envoyé le livre au magasin pour les remercier et peut-être s'excuser un peu du pillage. Retour de politesse, le premier article en allemand sur le Berlin Sampler ! Echt? ! Si les tenanciers de la boutique n'ont pas pu lire le livre, la barrière de la langue, ils ont par contre visiblement trouvé le moyen de déchiffrer cette utilisation cambriolée de leur idée et en ont été heureux, honorés ont-ils écrit, de la voir transformée naturellement comme concept plus générique de théorie/histoire de la musique. Ce qui bien entendu ne fait pas peu plaisir. il y a quelque chose comme une évidence dans cette idée d'amusical que nous aimerions d'ailleurs aprofondir plus tard.

Lire leur papier sur leur Blog.

mercredi 20 octobre 2010

Greie Gut Fraktion - Maîtresses de chantier





Revoilà Gudrun Gut (Malaria!, Mania d, Eisengrau... vos missels au moins p 229/30 et 250, interro dans une heure)... pour son projet avec une "petite jeune", AGF; dont on entend parler depuis longtemps (Et dont Berlin Sampler a failli s'occuper, mais la pauvre a sauté au montage comme on dit) : Greie Gut Fraktion. Berlinitude maximale de ce magnifique duo : des heures de field-recordings de chantiers berlinois pour produire la texture d'une musique très très lointaine du boucan ou de n'importe quel espèce de post-neubautenerie. Il s'agit plutôt d'un disque pop-electronica avec un son très pur, saturé mais tenu sur ses effets pour ne pas déborder, plein de petits grrr grrr qui jamais non plus ne râclent trop les oreilles (ce qui est quand même quasi dommage). Berlin et sa suavidad si particulière...



Mais la Berlinitude n'est pas que dans le fond sonore. Beaucoup d'histoire. Wir bauen ein neue Stadt (nous construisons une nouvelle ville) est un titre célèbre en Allemagne : des pièces pour enfants produites par Hindemith pendant les années 20 (vos missels page 70 ) selon sa philosophie über-modeste de la musique "utile", reprise par les petits malins de Palais Schaumburg au début des années 80 (vos missels page 243/44)... Palais Schaumburg qui fut fondé par Thomas Fehlmann, futur musicien émérite de The Orb (même missels page 290) et... partenaire de Gudrun Gut... Berlin intime toujours à reconstruire, passage de relai générationnel, il y a moult choses dans cette petite chanson. La Greie Gut Fraktion est un mille-feuille de strates de sens, de mémoire et de bonnes vieilles textures digitales (marque de fabrique spécial AGF en pleine forme).

Je vous laisse avec la version pour enfant jouée par une enfant :



PS : elles sont en concert à la Volksbühne le 22, c'est Digital qui le dit :
http://www.digitalinberlin.de/greie-gut-fraktion-berlin/#more-19417

jeudi 14 octobre 2010

BBC four nous gâte (Krautrock Germany)



La renaissance de l'identité allemande... Le Krautrock à sa juste mesure. C'est beau le service public

vendredi 3 septembre 2010

Ollendorff dans l'journal



Papier du magazine littéraire qui parle du patron, l'éditeur, et incidemment qui parle en bien du livre, le Berlin Sampler, en tant que projet éditorial tout du moins. Je reviens vite vers vous, Berlin est surexcitée ces temps-ci

lundi 21 juin 2010

ANBB = Alva Noto + Blixa Bargeld


C'est une merveille d'idée de collaboration. Pas tellement pour le "futurisme" du travail "click and cuts de Noto" qui viendrait réinjecter un peu de nouveauté dans le travail peut être un peu fatigué des Neubauten. Mais au contraire, par ce qu'en passant par dessus les carrières de ce qu'il faut bien appeler deux géants de la musique "expériementale" allemande, ce projet prolonge en les renouvelant leurs obsessions à tous les deux : la fusion homme machine : celle de l'abstraction et de la matérialité brute, celle de la mélancolie et du process. Neubauten faisaient ça avec des instruments de chantiers, Alva Noto tente de faire émerger l'homme dans les motifs répétitifs du processus industriel. Ah l'histoire interminable des relations des allemands - et des berlinois - avec la modernité... Les deux donc en se rencontrant se servent de l'autre et servent l'ensemble, tout semble naturel, fluide et cohérent, même cette dialectique entre la voix (cri théière d'un bargeld en pleine forme !) et les fréquences mécaniques. Je n'ai pu encore qu'écouter les extraits du maxi chez Boomkat, mais c'est bel et bien la meilleure chose de Bargeld depuis longtemps (Je ne suis pas assez spécialiste de Noto pour juger de son côté). J'attends déjà beaucoup de l'album qui va sortir cet été...

vendredi 4 juin 2010

Berghain Massaker

Le Berghain en mode salon éléctroaccoustique était plein de gens un peu moins jeunes que d'habitude, voir même de vieux décatis de plus de 35 ans, mais pas seulement. J'avais personnellement la légère angoisse que le Caspar, après dix ans de pause, ne revienne un peu mou, du genre à jouer de la house hawaïenne au laptop... Pas d'inquiétude les chérubins, le retour du Massaker (vos missels page 281) était réglé comme du papier à musique qu'on aurait brûlé avec l'essence suintante d'une voiture syphonnée : le power sur les chapeaux de roue (ce batteur !), l'extase continue de la guitare qui visite tous les modes de l'explosion... Des enceintes mi-hibou mécanique, mi-machine de guerre (l'un n'empêchant pas l'autre ?) du Berghain, l'inneffable lyrisme primitif du Brötzmann oscillait sans fin, évoquant Hendrix et Neubauten à la fois, mélange inédit et proprement inégalable, d'une énergie très mâle... jusqu'au Massaker final. Caspar ist nicht tot... C'était un jour comme on n'en fait pas souvent. Je joins son clip à deux francs des années 90, à titre de témoin musical. Si vous parvenez à faire le pas conceptuel depuis le streaming en mauvaise qualité jusqu'à l'énergie du concert, vous y êtes.