Papier du magazine littéraire qui parle du patron, l'éditeur, et incidemment qui parle en bien du livre, le Berlin Sampler, en tant que projet éditorial tout du moins. Je reviens vite vers vous, Berlin est surexcitée ces temps-ci
C'est une merveille d'idée de collaboration. Pas tellement pour le "futurisme" du travail "click and cuts de Noto" qui viendrait réinjecter un peu de nouveauté dans le travail peut être un peu fatigué des Neubauten. Mais au contraire, par ce qu'en passant par dessus les carrières de ce qu'il faut bien appeler deux géants de la musique "expériementale" allemande, ce projet prolonge en les renouvelant leurs obsessions à tous les deux : la fusion homme machine : celle de l'abstraction et de la matérialité brute, celle de la mélancolie et du process. Neubauten faisaient ça avec des instruments de chantiers, Alva Noto tente de faire émerger l'homme dans les motifs répétitifs du processus industriel. Ah l'histoire interminable des relations des allemands - et des berlinois - avec la modernité... Les deux donc en se rencontrant se servent de l'autre et servent l'ensemble, tout semble naturel, fluide et cohérent, même cette dialectique entre la voix (cri théière d'un bargeld en pleine forme !) et les fréquences mécaniques. Je n'ai pu encore qu'écouter les extraits du maxi chez Boomkat, mais c'est bel et bien la meilleure chose de Bargeld depuis longtemps (Je ne suis pas assez spécialiste de Noto pour juger de son côté). J'attends déjà beaucoup de l'album qui va sortir cet été...
Le Berghain en mode salon éléctroaccoustique était plein de gens un peu moins jeunes que d'habitude, voir même de vieux décatis de plus de 35 ans, mais pas seulement. J'avais personnellement la légère angoisse que le Caspar, après dix ans de pause, ne revienne un peu mou, du genre à jouer de la house hawaïenne au laptop... Pas d'inquiétude les chérubins, le retour du Massaker (vos missels page 281) était réglé comme du papier à musique qu'on aurait brûlé avec l'essence suintante d'une voiture syphonnée : le power sur les chapeaux de roue (ce batteur !), l'extase continue de la guitare qui visite tous les modes de l'explosion... Des enceintes mi-hibou mécanique, mi-machine de guerre (l'un n'empêchant pas l'autre ?) du Berghain, l'inneffable lyrisme primitif du Brötzmann oscillait sans fin, évoquant Hendrix et Neubauten à la fois, mélange inédit et proprement inégalable, d'une énergie très mâle... jusqu'au Massaker final. Caspar ist nicht tot... C'était un jour comme on n'en fait pas souvent. Je joins son clip à deux francs des années 90, à titre de témoin musical. Si vous parvenez à faire le pas conceptuel depuis le streaming en mauvaise qualité jusqu'à l'énergie du concert, vous y êtes.
Une Berlin Sampler Night où je viendrai passer des disques de la playlist du Berlin Sampler avec Lebapt qui jouera des choses peut-être un peu plus carrossables...
Quand ? le 27 mai vers 20h Où au Udo bar www.udobar.com 4 Rue Neuve Popincourt 75011 Paris, France
Insiders du Blog, passez-donc. Dites "Eyjafjöll" et on essaiera de vous dégoter une boisson !
Pan ! Grosse surprise. Très bel article qui va au fond des choses. Cliquez sur l'icone si vous voulez le lire. Le qualificatif de "curieux" me touchant très particulièrement (et même si on le prenait au sens "négatif" du terme d'ailleurs). Et je comprends la critique qui peut-être faite du premier chapitre, où les anecdotes sont célèbres et parlent peut-être un peu trop directement de la "grande Histoire". Cela-dit, beaucoup de gens ne les connaissent pas. Ce sont des choses "connues par les gens qui savent" je dirais. Et le livre alors fait office, comme tout guide, de première mise en jambe. Si j'avais un reproche à me faire avec ce petit recul de quelques mois, ce serait peut-être celui d'avoir trop respecté la "grande musique" et de n'avoir pas su en parler avec assez de naturel. Problème qui ne s'est pas posé pour le reste du livre. Mais je suis si heureux de voir comme le livre peut-être apprécié que ça ne me perturbe pas plus que ça. pas encore !
Einstürzende Neubauten fête ses 30 ans au Tresor ce jeudi 1er avril pour un "jubilé" qui garantit au chaland 5 heures de Neubauten.... 30 ans jour pour jour après le premier concert au Moon, pour lequel le nom du groupe fut improvisé...
5 heures à jouer des disques (pas de concert prévu) pendant qu'on boira des bières et comparera nos merchandising.... On ne sait pas trop si ça va guincher hein ! Mais Neubauten au Tresor, quand même ! D'ailleurs je me suis toujours demandé si le logo du Tresor n'était pas une stylisation de celui de Neubauten (vos missels page 215 : "un homme stylisé primitif dont la tête est peut-être un soleil. un homme-univers qui fait la révolution autour de lui-même"), une sorte de prolongation graphique de la continuation stylistique , du passage de rélai. Dimitri H. qui a monté le Tresor était bien entendu du cercle (relisez vos pages A-Musik et Techno, interro jeudi). N'y aura-t-il que des vieux crevards ou aurons-nous le droit à quelques jeunes typés capuches tout droit sortis de Marzahn qui font l'ordinaire du club de la Köpenickerstrasse ? Une seule façon de le savoir ! J'y vais !
L'éditeur va être content. Merci à Olivier Pernot pour cet entretien, son vif intérêt pour le livre et son métier (savoir couper la logorrhée sans la travestir).
Ce blog est un complément du site Berlin Sampler, qui lui même sert à compléter l'ouvrage Berlin Sampler sorti aux éditions Ollendorff & Desseins .
Sélection commentée de plus d’une centaine d’œuvres musicales produites à Berlin au cours du XXe siècle, Berlin Sampler peut faire office de guide, au sens touristique et culturel du terme : que faut-il entendre de Berlin pour mieux le comprendre ?